septembre28 , 2022
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L’ex-otage Sophie Pétronin recherchée par la gendarmerie au Mali

Libérée en octobre 2020 en échange de 200 djihadistes, l’humanitaire de 76 ans fait l’objet d’un avis de recherche par les autorités maliennes.

Sophie Pétronin est de nouveau au Mali. L’ancienne otage française restée quatre ans aux mains des djihadistes, a été signalée dans la région de Sikasso, au sud du pays, où les autorités maliennes ont lancé vendredi un avis de recherche. Selon les informations de RFI, l’ex-otage, accompagnée de son fil Sébastien, serait retournée au Sahel en mars dernier, passant par la frontière sénégalaise. Elle séjournerait ainsi depuis sept mois dans le sud du pays, n’ayant pas l’intention, selon ses proches, de retourner à Gao, ville du nord où elle séjournait jusqu’à son enlèvement en 2016.

Dans un message diffusé le 29 octobre à ses unités, la direction générale de la gendarmerie malienne a appelé à «rechercher très activement» l’humanitaire de 76 ans, qui avait été libérée en octobre 2020 en échange de près de 200 djihadistes. «En cas de découverte», les unités ont été sommées de «l’appréhender et la conduire sous bonne escorte».

Pourquoi un soudain avis de recherche, sept mois plus tard ? L’ex-otage était-elle autorisée à retourner sur le sol malien? A ce stade, le Quai d’Orsay n’a pas émis de commentaire. Sur le site du ministère des Affaires étrangères toutefois, la région de Sikasso, près de la frontière avec le Burkina et la Côte d’Ivoire, est indiquée en zone rouge. «Il est rappelé que les risques d’attentat et d’enlèvement dans les zones classées en rouge sont particulièrement élevés», mentionne le Quai d’Orsay sur sa page dédiée au Mali. «Tout projet de déplacement dans [les zones rouges] est à exclure formellement».

Conseil aux voyageurs. Ministère des Affaires étrangères
Troisième alerte pour l’ex-otage

Depuis son retour en France en octobre 2020, Sophie Pétronin n’avait jamais dissimulé sa volonté de retourner dans le pays sahélien. Quelques heures à peine après sa libération, elle se déclarait déjà «en pleine forme» et affirmait vouloir revenir à Gao, au nord du Mali. Une question d’«engagement», affirmait-elle, vis-à-vis des enfants dont elle avait la charge dans son centre. «Ça fait presque quatre ans que je n’ai pas vu comment se déroulent les programmes», avait-elle déclaré devant la presse à Bamako. «Si vous prenez un engagement, allez au bout de votre engagement, sinon vous aurez perdu votre raison d’être sur cette terre», plaidait-elle. Ce à quoi son fils Sébastien, largement impliqué dans le plaidoyer pour sa liberté, avait précisé qu’il veillerait à «cadre(r) certaines choses». «Tu n’iras pas où tu veux», avait-il rétorqué, mi-amusé, mi-sérieux.

À VOIR AUSSI – Libération de Sophie Pétronin: l’ex-otage accueillie en France par Emmanuel Macron et sa famille le 9 octobre 2020

Présente au Mali depuis seize ans lors de son rapt, la septuagénaire avait déjà reçu une première alerte en 2012, lorsque les groupes djihadistes liés à al-Qaida avaient pris le contrôle des grandes villes du nord, Tombouctou, Kidal et Gao. Elle avait alors été exfiltrée de justesse en Algérie avec l’aide de rebelles Touaregs, puis rapatriée en France… avant de revenir, quelques semaines plus tard. Le 24 décembre 2016, elle était enlevée pour de bon par des hommes armés, un rapt ensuite revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans(GSIM), affilié à al-Qaida.