septembre28 , 2022
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les médias britanniques appellent à plus de «coopération» avec la France

Si la une des journaux traditionnels anglais est globalement digne ce matin, dénonçant une «honte» et un «drame», certains tabloïds n’ont pas hésité à faire porter le chapeau à la France après la mort de 27 migrants.

À qui la faute ? Au lendemain du naufrage d’une embarcation de migrants dans la Manche, qui a fait au moins 27 morts, la question brûle les lèvres. La presse britannique a logiquement consacré ses unes au drame, jeudi 25 novembre. La plupart des grands titres sont unanimes : il faut que les gouvernements français et britannique s’accordent en urgence, pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus. Il s’agissait d’ailleurs du sens de l’entretien entre Emmanuel Macron et Boris Johnson dans la soirée de mercredi. Le président français et le premier ministre britannique ont convenu de l’urgence de renforcer la lutte contre les traversées illégales dans la Manche et de la nécessité de faire tout ce qui est possible pour arrêter les réseaux de passeurs qui mettent la vie des migrants en danger.

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«La pire catastrophe» de la crise dans la Manche

Sobrement, le Times titre sur les «dizaines de migrants» qui «se noient dans la tragédie de la Manche». Un éditorial en première page appelle Macron et Johnson à passer aux actes. «Sans une coopération transfrontalière intensive pour lutter contre les gangs de passeurs, peu de choses peuvent endiguer le flux de traversées dangereuses et empêcher d’autres décès», estime le journaliste.

Le Guardian et le Financial Times, qui ont tout deux bouclé leur édition avant que le chiffre de 31 morts ne soit abaissé à 27, s’accordent pour dire qu’il s’agit de «la pire catastrophe» de la crise des migrants dans la Manche, tout comme le Telegraph.

Dans la nuit, le journaliste de la BBC Lewis Goodall a soulevé deux problématiques pour les gouvernements des deux côtés de la Manche : «Pour la France, les conditions dans les camps de migrants, avec des enfants qui vivent dans les bois ou dans la rue. Pour la Grande-Bretagne, le manque de voies légales d’asile vers l’île, qui est l’une des principales raisons pour lesquelles les migrants acceptent le risque de prendre la mer». Les réactions des responsables politiques sont du même acabit. Le patron du Parti travailliste, Keir Starmer, estime sur Twitter que les gouvernements britannique et français «ont le devoir d’empêcher les migrants d’être contraints à un tel péril».

Le député du Labour Alf Dubs ne dit pas autre chose : «Le gouvernement britannique doit renforcer sa coopération avec nos voisins français. Et les enfants réfugiés bloqués dans l’UE, avec de la famille au Royaume-Uni, devraient être réunis ici, en toute sécurité et rapidement».

Les tabloïds accusent la France

Mais certains médias britanniques ont rapidement profité du drame pour accuser le voisin français et l’inefficacité de sa lutte contre les traversées de migrants. C’est notamment le cas du Daily Mail, qui accuse en une les gardes-frontières français de «s’asseoir et de regarder» les migrants qui tentent la traversée. «Vous laissez les gangs [de passeurs, NDLR] s’en tirer avec un meurtre», regrette le tabloïd.

Même son de cloche au Sun, qui dénonce un drame «honteux» et reproche également aux policiers français de rester «les bras croisés». Quant au Daily Mirror, il qualifie le naufrage de «tragédie humaine» survenue «sous le nez des flics français».

Enfin, le I, petit frère de The Independent, et Metro ne s’embarrassent pas de nuances et titrent : «Pourquoi la France ne les a-t-elle pas arrêtés ?».