septembre28 , 2022
AccueilInternationalUn séminariste transgenre embarrasse l'épiscopat américain

Un séminariste transgenre embarrasse l’épiscopat américain

Née femme, cette personne aurait trafiqué son certificat de baptême pour entrer au séminaire après une opération de changement de sexe. Un évêque américain propose dans une note interne de vérifier le sexe de naissance des candidats au sacerdoce.

C’est un sujet épineux qu’a abordé Mgr Jerome Listecki, président de la commission des affaires catholiques au sein de la conférence des évêques catholiques des États-Unis. L’archevêque de Milwaukee, dans le Wisconsin, a en effet alerté ses confrères au sujet de plusieurs cas de séminaristes transgenres. Dans l’Église catholique, seuls les hommes sont autorisés à accéder à la prêtrise, rappelle-t-il dans une note interne datée du 22 septembre, et qui a depuis fuité sur Internet. Les évêques considèrent, en se référant au Code de Droit Canon qui régit le gouvernement de l’Église, que cette exigence s’applique au sexe de naissance, et refusent donc le sacerdoce aux femmes qui ont eu recours à des opérations de changement de sexe.

Parmi les cas évoqués, Mgr Listecki évoque une situation précise dans laquelle le séminariste a usé de faux certificats religieux pour dissimuler son sexe de naissance. Pour ce cas-ci, comme pour les autres, «aucun élément des dossiers médicaux et psychologiques de ces personnes ne permettait de savoir qu’ils avaient eu recours à des opérations chirurgicales de changement de sexe», observe l’archevêque. «Par chance, ajoute-t-il, chacun des cas a été détecté avant l’ordination sacerdotale des séminaristes concernés».

Il est du ressort de l’évêque de chaque diocèse de s’assurer que les candidats à la prêtrise « possèdent les qualités physiques et psychologiques requises ».

Mgr Listecki rappelle en outre qu’il est du ressort de l’évêque de chaque diocèse de s’assurer que les candidats à la prêtrise «possèdent les qualités physiques et psychologiques requises» par l’Église, et qu’ils peuvent user de divers moyens pour cela. Dans la suite de son courrier, l’archevêque évoque la possibilité de soumettre les séminaristes à un test ADN «ou au minimum à une certification médicale établie par un docteur choisi par l’évêque» afin de s’assurer que les candidats au sacerdoce sont tous des hommes. Il recommande à ce sujet la «vigilance spéciale» des évêques américains.

Abondamment commentée sur les réseaux sociaux, cette note interne a suscité des réactions parfois vives. Un prêtre et théologien américain a alors tenté de calmer les esprits : «Cela ne constitue qu’un petit test supplémentaire à effectuer pour le médecin qui effectue l’examen médical d’entrée [au séminaire]. Ma communauté m’avait transmis une longue liste de points à faire examiner au docteur. Je ne me souviens plus si le sexe y était mentionné mais on me demandait des tests sanguins.» D’autres internautes font également remarquer qu’une entrée au séminaire requiert généralement des lettres de recommandation, qui rendent plus difficile pour un candidat l’usurpation d’identité ou la dissimulation de leur passé.