septembre28 , 2022
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Philippe Poutou lance sa campagne à Paris pour «faire exister d’autres idées»

REPORTAGE – Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) brigue pour la troisième fois consécutive l’Élysée, mais n’est pas certain de recueillir les 500 parrainages.

La salle se remplit peu à peu. Ils sont plusieurs centaines, dont une majorité de jeunes, à être venus au premier meeting francilien de Philippe Poutou, pour lancer sa campagne. L’ancien ouvrier de Ford a été investi par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) en juin, pour briguer une troisième fois l’Élysée. En 2012 et 2017, il avait obtenu à chaque fois plus d’1% des voix, soit environ 400.000 suffrages.

Pour autant, le syndicaliste entend, cette fois encore, porter un «programme de rupture» à l’élection présidentielle, en profitant de l’effet «amplificateur» de ce suffrage. Pour Philippe Poutou, se présenter une nouvelle fois à la fonction suprême est un moyen pour les militants du NPA de mettre en avant «ce qu’on fait au quotidien».

Conseiller municipal à Bordeaux en 2020

Nouveauté depuis le scrutin de 2017, le prétendant de la petite formation d’extrême gauche est désormais un élu. Philippe Poutou siège en effet depuis 2020 au conseil municipal de Bordeaux, après s’être maintenu au second tour, face aux Républicains et aux écologistes.

Cette troisième candidature n’est cependant pas encore garantie. Le candidat dispose pour l’instant de 139 promesses de parrainages, sur les 500 requis pour briguer la fonction suprême. Mais Philippe Poutou affirme ne pas vouloir faire de la figuration. «On n’est pas juste là pour emmerder Darmanin», plaisante-t-il, rappelant être que ce dernier a porté plainte contre lui, après que le syndicaliste a déclaré que «la police tue» et que «dans les quartiers populaires, une quinzaine de jeunes sont tués par la police annuellement».

«Faire exister d’autres idées»

Œil rieur, en jean et en baskets, avec une veste à capuches, c’est sur un ton plus léger que Philippe Poutou s’adresse aux journalistes présents, avant de monter sur scène avec un gréviste de Transdev et plusieurs militants du NPA. Le conseiller municipal souhaite que sa campagne ait un écho médiatique, et précise donc en riant qu’il «fait gaffe» car il a envie «d’être invité» sur les plateaux télévisés.

Cette candidature du NPA a pour but, selon son champion, de «relayer les résistances qu’il y a aujourd’hui dans la société», car il est «important de faire exister d’autres idées», souligne le candidat. Comme le précise le nom de son parti, il rappelle vouloir «balayer» le système capitaliste. L’ancien ouvrier dénonce également la place d’Éric Zemmour dans le débat, qui accompagne selon lui l’avènement d’une «société de plus en plus brutale et autoritaire». Ce n’est pas sur ce thème que le candidat souhaite mener sa campagne. Pour l’ex-ouvrier, «il y a des milliardaires et des gens qui n’ont pas assez pour vivre décemment», et c’est pour cela qu’il est candidat.

Jean-Michel Blanquer hué par la foule

Avant même que le meeting commence, plusieurs jeunes scandent des slogans en tapant dans leurs mains. «C’est pas au patronat de faire sa loi!», «la vraie démocratie, elle est ici!», et «les patrons licencient, licencions les patrons!». Lorsque la porte-parole de la campagne, Armelle Pertus, évoque le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, celui-ci est aussitôt hué par la foule. «Blanquer, c’est le ridicule incarné», explique cette enseignante à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), rappelant ensuite que «les mobilisations sociales n’ont pas disparu». Le ton est donné.