septembre27 , 2022
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Allemagne: vers un gouvernement SPD-Verts-libéraux

Les trois partis se sont entendus sur le principe de former une coalition «feu tricolore» pour diriger le pays après le départ de Merkel.

Le rouge des sociaux-démocrates, l’orange des libéraux, et le vert des écologistes: telle est la coalition baptisée «feu tricolore» que souhaitent officiellement former en Allemagne, le SPD, le FDP et les Grünen. Dix jours après les élections législatives, les trois partis qui disposent d’une majorité arithmétique au Bundestag, se retrouveront jeudi pour de premières consultations, préalable indispensable au lancement de futures négociations de gouvernement. La vie politique s’est accélérée après que les deux partis minoritaires et néanmoins faiseurs de rois – Verts et droite libérale – ont annoncé leur intention de discuter exclusivement avec le SPD d’Olaf Scholz, arrivé en tête du scrutin. Par là même, les conservateurs d’Armin Laschet sont écartés du jeu et ne pourraient le réintégrer que si les pourparlers «feu tricolore» échouaient.

«Le pays ne peut pas se permettre un long immobilisme», a justifié la tête de file des Verts, Annalena Baerbock, tandis que Berlin est attendue sur la scène internationale. Les Grünen entretiennent plus d’affinités avec le SPD, en particulier sur le terrain social. Le FDP est plus proche de la CDU, notamment sur les baisses d’impôts, mais son président, Christian Lindner, a dû se rendre à l’évidence: le parti d’Angela Merkel, qui affronte une crise ouverte, n’est pas en état de former un gouvernement.

Mariage de raison inédit

C’est donc un mariage de raison inédit qui s’esquisse, associant pour la première fois depuis 1961, trois partenaires de coalition. Seule la région du Rhénanie-Palatinat (Bonn) expérimente aujourd’hui un tel gouvernement, mais sur le plan fédéral, l’équation est tout autre. «Nous ne sommes pas au bout de nos peines», a prévenu le second vice-président des Verts, Robert Habeck, eu égard aux nombreuses divergences existant entre Verts et libéraux. À l’inverse du FDP, partisan de l’orthodoxie budgétaire, les écologistes entendent assouplir les règles de financement des investissements publics. Les deux ne partagent pas le même sentiment d’urgence dans la lutte contre le réchauffement climatique, tandis que le SPD s’inquiète de ses répercussions industrielles.

Les désaccords sont identiques sur l’Europe. «Lors des discussions sur l’emprunt communautaire, les libéraux étaient sur la même ligne que le chancelier autrichien Kurz», hostile à cette mesure, s’inquiète la députée écologiste du Bade-Wurtemberg, Franziska Brantner. La perspective évoquée dans la presse de voir le président du FDP, Christian Lindner, occuper le poste de ministre des Finances, a de quoi inquiéter Rome et Paris, estime La Repubblica. Le cas échéant, «la pression allemande pour revenir aussi vite que possible à l’austérité fiscale et monétaire deviendra très forte» écrivait récemment le quotidien italien. Le vainqueur du SPD, Olaf Scholz, actuel titulaire du poste, fait preuve d’un conservatisme similaire dans la gestion des finances publiques. Mais le parti social-démocrate met en avant son agenda social.

En revanche, Verts et libéraux plaident pour la libéralisation de la consommation de drogues, le vote à partir de 16 ans et la suppression d’un texte punissant la promotion de l’IVG. L’heure des compromis devrait bientôt sonner.